\section[Cote 156-1 : le modèle-segment est un biordre]{Cote 156-1 : le modèle-segment est un biordre\protect\verifie{Folder156_1}}\label{sec:156-1} La cote 156-1, \emph{[Chapitre] I. Vers une géométrie des formes (topologiques) : notes manuscrites (05/06/1986)}, vingt-six pages datées du 5 au 7~juin 1986, propose une axiomatique combinatoire des formes de dimension~$1$. Elle se donne un ensemble $\mathcal L$ de \emph{lieux}, un ensemble $S$ de \emph{segments}, et pour chaque segment $I$ l'ensemble $\widetilde I \subset \mathcal L$ de ses lieux et la paire $\partial I \subset \widetilde I$ de ses extrémités. La troisième mouture, à partir de la page~5, pose les axiomes F1 à F5 (\lot{156-1}{1}{5}, \lot{156-1}{1}{7}). La page~10 appelle \emph{modèle-segment} un modèle où $\mathcal L$ est lui-même un segment, et la page~11 y définit, à partir d'une extrémité $x_0$, la relation $x \preccurlyeq y$ par $x \in [x_0, y]$, et affirme que c'est un ordre (\lot{156-1}{1}{11}). On lit à la page~12 : \q{Cette relation d'ordre a un plus petit élément, $x_0$, et un plus grand élément, $x_1$. Elle permet de reconstituer la structure de modèle de 1-forme}. Les segments y sont les $[x,y]$, $x 0$ assez petit, et dualement $x - (\varepsilon, 0)$. Les points $(1, \tfrac12)$ et $(1, -\tfrac12)$ y sont incomparables. Ses intervalles forment donc un modèle-segment dont l'ordre n'est pas total. \end{remarque} Ne sont pas démontrés ici : les corollaires de F1 et F2 hors du modèle-segment et la transitivité de \q{même branche} ; les corollaires~1 et~2 de F4 et l'équivalence F5~$\Leftrightarrow$~F$'$5 ; la restriction (pages~8 et~9) ; l'orientation (pages~14 à~17) ; le contre-exemple de la page~21 et F6 ; les réseaux (pages~23 et~24) ; les pages~24 à~26. \section[Cote 156-2 : les rives d'une partie fermée]{Cote 156-2 : les rives d'une partie fermée\protect\verifie{Folder156_2}}\label{sec:156-2} La cote 156-2, chapitre~II de \emph{Vers une géométrie des formes}, dix-huit pages des 6 et 7~juin 1986 intitulées \q{Réalisations topologiques des réseaux}, cherche à couper un espace quelconque le long d'une partie fermée sans le supposer variété ni triangulé. Pour $A$ fermé dans $X$, $j : X \smallsetminus A \hookrightarrow X$, et $\mathrm{Comp}(Z)$ l'anneau booléen des parties ouvertes et fermées de $Z$, la page~14 pose $\mathrm{Riv}(A, X) = \varinjlim_{V \supset A} \mathrm{Comp}(V \smallsetminus A)$, limite sur les voisinages de $A$, et $\widetilde A = \mathrm{Spec}(j_*\mathbf F_2)$ ; la page~15 en tire une application canonique $(*)$ $\mathrm{Riv}(A, X) \to \mathrm{Comp}(\widetilde A)$, \q{injective, et} ajouté au-dessus de \q{bijective si $X$ paracompact} (\lot{156-2}{1}{14}, \lot{156-2}{1}{15}). La lecture prend $\widetilde A \to A$ pour le spectre de Stone relatif de $(j_*\mathbf F_2)|_A$ et note que l'injectivité \q{n'utilise rien}. On code une partie ouverte et fermée de $V \smallsetminus A$ par son indicatrice, fonction $X \to \mathbf F_2$ localement constante sur $V \smallsetminus A$ ; $\mathrm{Riv}(A, X)$ est l'anneau de leurs germes le long de $A$, la fibre $B_x$ de $j_*\mathbf F_2$ en $x$ celui de leurs germes en $x$ dans $X \smallsetminus A$. On prend pour $\widetilde A$ l'ensemble des couples $(x, \chi)$, $x \in A$, $\chi : B_x \to \mathbf F_2$ un morphisme d'anneaux (un point du spectre de $B_x$), muni de la topologie engendrée par les parties $\{(y, \chi) : y \in W,\ \chi(f_y) = 1\}$, $W$ ouvert et $f$ localement constante sur $W \smallsetminus A$ ; $(*)$ envoie $\rho$ sur $\{(x, \chi) : \chi(\rho_x) = 1\}$. \begin{theoreme}[D'après les pages 14 et 15, injectivité\piste{156-2-rives-cut-along-closed-set}] Pour toute partie $A$ de tout espace $X$, l'image de chaque rive par $(*)$ est ouverte et fermée dans $\widetilde A$, $(*)$ est un morphisme d'algèbres de Boole, et $(*)$ est injective. L'anneau $\mathrm{Riv}(A, X)$ est nul si et seulement si $A$ est ouvert. \end{theoreme} \noindent L'énoncé tient, sans hypothèse : voir les théorèmes \texttt{toComp\_injective}, \texttt{toComp\_mul}, \texttt{toComp\_one}, \texttt{toSpecSet\_compl} et \texttt{riv\_one\_eq\_zero\_iff} dans \href{\leanblob/Folder156_2.lean}{\texttt{Folder156\_2.\allowbreak{}lean}}. La fermeture de $A$ ne sert pas. Deux germes distincts en $x$ sont séparés par un point du spectre de $B_x$, obtenu ici comme évaluation le long d'un ultrafiltre plus fin que le filtre des voisinages de $x$ dans $X \smallsetminus A$. La dernière assertion est la correction \q{$A$ non ouvert} que la lecture apporte au \q{$A \neq \emptyset$} de la remarque sur les bi-rives. Ne sont pas démontrés : la bijectivité pour $X$ paracompact, l'identification $\mathrm{Comp}(\widetilde A) \simeq \Gamma(A, (j_*\mathbf F_2)|_A)$, le cas régulièrement immergé et l'espace découpé $\overline X$ des pages~16 et~17. \section[Cote 156-3 : l'intermédiarité se lit sur les découpages]{Cote 156-3 : l'intermédiarité se lit sur les découpages\protect\verifie{Folder156_3}}\label{sec:156-3} La cote 156-3, chapitre~III de \emph{Vers une géométrie des formes}, quarante pages datées des 8 et 9~juin 1986, intitulée de sa main \q{Réseaux via découpages}, propose une troisième axiomatique des réseaux. Elle se donne des lieux, les paires de lieux en position relative modérée, et pour chaque partie finie modérée $T$ le découpage de son complémentaire modéré $C(T)$ en composantes. La page~8 définit le \emph{tronçon ordonné} : un ensemble ordonné où, pour tout $a$, $\mathcal L_{>a}$ est filtrant décroissant et $\mathcal L_{ 1$ (d). Les 0-sphères y sont les paires comparables $\varepsilon = \{a,b\}$, $a < b$, et les composantes de $C(\varepsilon)$ sont $\mathcal L_{b}$ (\lot{156-3}{1}{8}). Les pages~11 à~13 montrent que l'intermédiarité stricte $\mathcal R$ et la comparabilité déterminent l'ordre à l'opposé près (\lot{156-3}{1}{11}, \lot{156-3}{1}{13}). Le problème est posé page~14 : \q{la connaissance de $\mathrm{Drap}_2(\mathcal{L})$, et [\dots] de la décomp.\ de $C(\varepsilon)$ [\dots] en composantes connexes, implique la connaissance de la relation $\mathcal{R}(a,b,c)$} (\lot{156-3}{1}{14}). La page~15 calcule les trois composantes attachées à $ab}$, $X_{\{b,c\}} = \mathcal L_{b}$, $X_{\{b,c\}}(a) = \mathcal L_{b}$}, -1/3/4.5/-0.3/3/{$X_{\{b,c\}}(a) = \mathcal L_{b}$ ; de même $X_{\{b,c\}}(a) = \mathcal L_{q}$ et $\mathcal L_{p}$ et $]q,r[$, qui contiennent tous deux un point de $]p,r[$, non vide par densité ; les quatre autres cas sont semblables. \end{proof} \begin{enonce}[Pages 11 à 13] Soient deux ensembles ordonnés filtrants croissants et décroissants, et $e$ une bijection de l'un sur l'autre qui respecte la comparabilité et l'intermédiarité stricte. Alors $e$ est un isomorphisme d'ordres ou un anti-isomorphisme. Plus précisément, si $a < b$, on a $u \leq v$ si et seulement s'il existe $x$ et $y$, avec $x = a$ ou $\mathcal R(b,a,x)$, $y = b$ ou $\mathcal R(a,b,y)$, tels que $\overline{\mathcal R}(x,u,y)$, $\overline{\mathcal R}(x,v,y)$ et $\overline{\mathcal R}(x,u,v)$. Enfin, $\overline{\mathcal R}(a,b,c)$ équivaut à : $\mathcal R(a,b,c)$, ou $b \in \{a,c\}$ avec $a$ et $c$ comparables. \end{enonce} \begin{proof} La condition sur $x$ dit $x \leq a$, celle sur $y$ dit $y \geq b$. Si $u \leq v$, la filtration b) donne $x \leq u, a$ et $y \geq v, b$, et $x \leq u \leq v \leq y$ donne les trois conditions. Inversement, $x \leq a < b \leq y$ donne $x < y$ ; $\overline{\mathcal R}(x,u,y)$ ne peut alors avoir lieu que sous la forme $x \leq u \leq y$, et de même pour $v$ ; si $\overline{\mathcal R}(x,u,v)$ a lieu sous la forme $v \leq u \leq x$, alors $u = x$ et $v \leq x \leq v$, donc $u = v$ ; dans tous les cas $u \leq v$. La forme exacte de $\overline{\mathcal R}$ se vérifie cas par cas. Ainsi $\leq$ s'écrit à partir de $a$, $b$, de $\mathcal R$ et de la comparabilité seuls. Si l'ordre de départ n'a aucun couple $a < b$, c'est l'égalité, et la comparabilité respectée force l'égalité à l'arrivée. Sinon, soit $a < b$ ; $e(a)$ et $e(b)$ sont comparables et distincts. Si $e(a) < e(b)$, la description précédente, transportée par $e$, donne $u \leq v \Leftrightarrow e(u) \leq e(v)$. Si $e(b) < e(a)$, on remplace l'ordre d'arrivée par l'ordre opposé, qui a la même intermédiarité, la même comparabilité, et reste filtrant dans les deux sens. \end{proof} \begin{encadre} \begin{theoreme}[D'après les pages 11 à 15, \emph{l'ordre se lit sur les découpages}, forme complétée par l'édition\piste{156-3-betweenness-from-cuts}] Une bijection entre deux tronçons ordonnés qui respecte la comparabilité et, pour chaque paire comparable $\varepsilon$, la partition de $C(\varepsilon)$ en morceaux, est un isomorphisme d'ordres ou un anti-isomorphisme. La comparabilité seule n'y suffit pas : sur le tronçon $\mathbb Q$, la transposition de $0$ et $1$ respecte la comparabilité sans être ni croissante ni décroissante. \end{theoreme} \end{encadre} \begin{proof} D'après l'énoncé de la page~15, appliqué dans les deux tronçons, et parce que $e$ envoie le morceau $X_{\{p,q\}}(r)$ sur le morceau $X_{\{e(p),e(q)\}}(e(r))$, la bijection $e$ respecte l'intermédiarité stricte ; on conclut par l'énoncé des pages~11 à~13. Pour $\mathbb Q$, les conditions a) à d) sont immédiates (minimum, maximum, milieu) ; tout couple y est comparable, et la transposition $\sigma$ de $0$ et $1$ vérifie $\sigma(1) = 0 < 1 = \sigma(0)$, alors que $\sigma(1) = 0 < 2 = \sigma(2)$. \end{proof} \begin{remarque} La seconde phrase de l'énoncé, sur la comparabilité seule, est de l'édition. Des conditions de la page~8, seules la divisibilité c) et la filtration b) servent ; a), a$'$) et d) n'interviennent pas. La divisibilité rend non vides les deux autres intersections de la page~15. La filtration b) sert seulement dans le lemme des pages~11 à~13. Il n'est pas nécessaire de déduire $\mathrm{Drap}_2$ de $\mathcal R$, puisque la comparabilité fait partie des données de la page~14. L'énoncé vaut donc pour tout ensemble ordonné dense et filtrant dans les deux sens. \end{remarque} \begin{remarque} La version large de l'intermédiarité est $\mathcal R(a,b,c)$, ou $b \in \{a,c\}$ \emph{avec $a$ et $c$ comparables}. La forme \q{$\mathcal R(a,b,c)$ ou $b \in \{a,c\}$} que la lecture substitue à la marge de la page~11 est fausse pour $a$ et $c$ incomparables. Dans $\mathbb N^2$ ordonné produit, $\overline{\mathcal R}((0,1),(0,1),(1,0))$ n'a pas lieu. Le lemme de la page~13 ne rencontre pas ce cas, puisqu'il est appliqué avec $x < y$. \end{remarque} \begin{remarque} La reconstruction d'un ordre partiel, à l'opposé près, à partir de son intermédiarité stricte, objet des pages~11 à~13, est étudiée par Courcelle (2020, §~1 et théorème~7) \cite{courcelle2020}, qui cite pour l'axiomatisation J.~Lihová (2000). \end{remarque} Ne sont pas démontrés ici : les axiomes des réseaux par découpages (pages~1 à~5) ; les remarques de la page~16 ; les parties modérées fermées (pages~17 à~21) ; la topologie (pages~21 à~24) ; le bord et les pseudo-tronçons (pages~24 à~28) ; l'algèbre des parties modérées (pages~29 à~39). \section[Cote 156-4 : les parties saturées ne forment pas une algèbre de Boole]{Cote 156-4 : les parties saturées ne forment pas une algèbre de Boole\protect\verifie{Folder156_4}}\label{sec:156-4} La cote 156-4, chapitre~IV de \emph{Vers une géométrie des formes}, \q{Analysis situs (première mouture)}, est datée de sa main du 10 au 12~juin 1986. Elle part d'un espace stratifié et en dégage peu à peu une structure abstraite : un ensemble ordonné $(\mathcal M, \leq)$ de \emph{multistrates} et une relation symétrique $R$, la \emph{compatibilité}, réflexive et héritée vers le bas. Aux pages~65 à~68, deux multistrates sont \emph{disjointes} si elles sont compatibles et n'ont aucun minorant commun ; le \emph{cosupport} d'une partie $\Phi \subset \mathcal M$ est l'ensemble des multistrates disjointes de tous les éléments de $\Phi$, le \emph{support} est le cosupport du cosupport, et une partie est \emph{saturée} si elle est égale à son support (\lot{156-4}{4}{65}). La page~68 conclut : \q{Je présume qu'on a en fait une algèbre de Boole (\emph{ultra-stonienne}, à cause des Sup quelc.)} (\lot{156-4}{4}{68}). Une relation symétrique $\perp$ sur un ensemble définit une \emph{polarité}, notion classique : à une partie $\Phi$ on associe $\Phi^\perp$, les éléments orthogonaux à tous ceux de $\Phi$, et les parties fermées sont celles qui vérifient $\Phi^{\perp\perp} = \Phi$. Pour l'orthogonalité dans un espace euclidien, les fermés sont les sous-espaces, et ils ne forment pas une algèbre de Boole. Les axiomes du dossier n'excluent pas ce phénomène. \begin{enonce}[Lecture, pages 66 et 67, forme générale] Soient $(\mathcal M, \leq)$ un ensemble ordonné et $R$ une relation symétrique sur $\mathcal M$. Toute intersection de parties saturées est saturée, le cosupport d'une partie quelconque est saturé, et sur les parties saturées le cosupport est une involution qui renverse l'inclusion, avec $S \cap \mathrm{cosupp}(S) = \emptyset$ et $\mathrm{supp}(S \cup \mathrm{cosupp}(S)) = \mathcal M$. Les parties saturées forment donc un treillis complet orthocomplémenté, de borne inférieure l'intersection et de borne supérieure le support de la réunion. \end{enonce} \begin{proof} Écrivons $\Phi'$ pour le cosupport. La disjonction est symétrique, puisque $R$ l'est et que la condition sur les minorants l'est aussi. Si $\Phi \subset \Psi$, alors $\Psi' \subset \Phi'$, et tout élément de $\Phi$ est disjoint de tout élément de $\Phi'$, d'où $\Phi \subset \Phi''$. En appliquant cette inclusion à $\Phi'$, puis la décroissance à $\Phi \subset \Phi''$, on obtient $\Phi''' = \Phi'$ : un cosupport est saturé. Si les $S_i$ sont saturées et $S = \bigcap S_i$, alors $S \subset S_i$ donne $S'' \subset S_i'' = S_i$ pour tout $i$, donc $S'' \subset S$, et l'inclusion inverse est toujours vraie. Aucune multistrate n'est disjointe d'elle-même, puisqu'elle est son propre minorant : $S \cap S' = \emptyset$. Enfin, pour $S$ saturée, un élément disjoint de tout $S \cup S'$ serait dans $S'$ et dans $S'' = S$, ce qui est exclu ; le cosupport de $S \cup S'$ est vide, et le cosupport du vide est $\mathcal M$. \end{proof} Le contre-exemple est un modèle à sept éléments : quatre multistrates minimales $a, b, c, d$ et trois multistrates $v_{ab}$, $v_{bc}$, $v_{cd}$, chacune au-dessus de la paire qu'elle indexe. La compatibilité est la relation engendrée par les paires d'éléments d'un même $\mathcal M_{\leq v}$. \begin{center} \begin{tikzpicture}[x=1.4cm,y=1.1cm] \foreach \n/\x in {a/0,b/1,c/2,d/3} \node (\n) at (\x,0) {$\n$}; \node (vab) at (0.5,1) {$v_{ab}$}; \node (vbc) at (1.5,1) {$v_{bc}$}; \node (vcd) at (2.5,1) {$v_{cd}$}; \draw (a) -- (vab) -- (b) -- (vbc) -- (c) -- (vcd) -- (d); \end{tikzpicture} \end{center} \begin{encadre} \begin{contrexemple}[Énoncé de l'édition, page 68] Dans ce modèle, $\leq$ est un ordre, $R$ est réflexive, symétrique et héritée vers le bas, chaque $\mathcal M_{\leq v}$ est formé d'éléments deux à deux compatibles et $\mathcal M$ est connexe, de sorte que la condition C\,4 est vide. Les parties saturées sont exactement \[ \emptyset, \quad \{b\}, \quad \{c\}, \quad \{a, c\}, \quad \{b, d\}, \quad \mathcal M, \] et le treillis qu'elles forment n'est pas distributif : $\{b, d\} \wedge (\{b\} \vee \{c\}) = \{b, d\}$, tandis que $(\{b, d\} \wedge \{b\}) \vee (\{b, d\} \wedge \{c\}) = \{b\}$. \end{contrexemple} \end{encadre} \begin{proof} Deux éléments sont compatibles quand un même $\mathcal M_{\leq v}$ les contient ; ils sont disjoints quand de plus aucun élément n'est sous les deux. Les paires disjointes sont donc $\{a, b\}$, $\{b, c\}$ et $\{c, d\}$ : les trois $v$ ont un minorant commun avec chacun de leurs voisins, et $a$, $c$ par exemple ne sont pas compatibles. Le cosupport d'une partie est alors l'ensemble des voisins communs à tous ses éléments dans le chemin $a - b - c - d$, et le calcul des cent vingt-huit parties donne la liste annoncée : par exemple $\{b\}' = \{a, c\}$ et $\{a, c\}' = \{b\}$, $\{c\}' = \{b, d\}$ et $\{b, d\}' = \{c\}$, tandis que $\{b, c\}' = \emptyset$. Le support de $\{b\} \cup \{c\}$ est donc $\mathcal M$, et $\{b, d\} \cap \mathcal M = \{b, d\}$. De l'autre côté, $\{b, d\} \cap \{b\} = \{b\}$ et $\{b, d\} \cap \{c\} = \emptyset$, et le support de $\{b\}$ est $\{b\}$. En Lean, la liste des parties saturées et les deux calculs sont vérifiés par énumération exhaustive dans le noyau. \end{proof} \begin{remarque} Le treillis obtenu est un hexagone : deux chaînes $\emptyset \subset \{b\} \subset \{b, d\} \subset \mathcal M$ et $\emptyset \subset \{c\} \subset \{a, c\} \subset \mathcal M$. La lecture notait que la distributivité tombe en général pour une relation symétrique quelconque ; le modèle montre qu'elle tombe déjà sous les hypothèses que le dossier pose sur $(\mathcal M, \leq, R)$ jusqu'à la page~64. Le modèle ne code que cette structure ; les figures et les axiomes C\,1 à C\,3, qui portent sur elles, ne sont pas représentés. \end{remarque} Ne sont pas démontrés ici : que les axiomes de disjonction ultérieurs (C\,5 de la page~69, le \q{paquet d'axiomes de disjonction} de la page~85) rétablissent la distributivité ; le cas d'une relation $R$ toujours vraie, où les parties saturées sont les ouverts réguliers de $(\mathcal M, \leq)$ et forment une algèbre de Boole complète.